HELMUT NEWTON

Helmut Newton



ENTRETIEN AVEC HELMUT NEWTON
http://www.horvatland.com/pages/entrevues/08-newton-fr_en.htm




Helmut Newton

mercredi 5 mai 2004, par Emane




                L’autoportrait de Newton, décédé en ce début d’année 2004, ne nous apprend rien, ou presque, sur ses photos. C’est tant mieux. Les magazines à thèmes s’en chargeront pour lui. (C’est le cas de Photo d’Avril 2004 et de sa version américaine).

L’homme est né en Allemagne en 1920. D’une famille juive berlinoise, il vit en petit bourgeois gâté ses premières années. Le parallèle avec Cartier-Bresson s’arrête presque là. Si le maître français s’exile au Mexique pour l’aventure, le jeune Berlinois se tire à temps de la barbarie nazie. C’est la partie exaltante du livre. Car Helmut Newton (nom qu’il prendra plus tard, en Australie), est un affamé : il baise. Contrairement à Jacques Lanzman à la même période et dans la même situation, il ne veut pas baiser avant de mourir, non, il a échappé à l’horreur, alors, de désespoir ou par chance, sa vie romanesque prend forme dans un cargo à Trieste, et vogue la galère de femmes en femmes, jusqu’à la Chine qu’il ne verra pas et le voilà à Singapour, dans les bras de ces dames, puis en Australie, interné avec d’autres Allemands juifs et pas loin d’Allemands vrais nazis et faux-culs quand le vent tournera pour l’Axe... On y croise des vies et des portraits incroyables, où le hasard fait souvent bien les choses même si la dèche semble sa compagne jusqu’à Paris dans les années cinquante.

La première partie de cette vie incroyable est un roman, un vrai, un régal. La photo se cache en filigrane, elle poussera plus tard sur ce terreau d’aventures. Voilà donc en quoi Newton est exceptionnel : le trajet parcouru est celui d’un rescapé heureux, bienheureux, un hédoniste sans scrupule, qui croque à belles dents celle qui l’aurait bien abandonné avec des millions d’autres...

La suite est moins surprenante, et sans doute plus décevante. Newton est photographe de mode, de Paris à Londres qu’il déteste, de Whisky en infarctus, de photos de mode en photos de mode. Il trouve son style dans la provoc’, dans des filles plantureuses, dans l’exagération. Mais il en reste quelque chose. S’il ne fut pas le premier à le faire (Richard Avedon a exploité le filon bien avant lui), il reste un style Newton.

En revanche, de l’homme, au-delà des aventures, disons, de l’âme du photographe, il ne reste pas grand-chose. Savoureux, dévoreur, il ne se retourne jamais et s’avoue incapable de nostalgie. Newton est conscient de ce manque, il l’avoue sans excuse : il est dégagé de toute obligation.

Reste une photo envahissante, désespérément étrange et résumant bien le sentiment que l’on éprouve une fois le livre refermé : page 284, Leni Riefenstahl ; l’égérie de l’oncle Adolf ; et Newton, mains dans les mains, yeux dans les yeux. Deux Allemands se retrouvent. Etrange connivence de celle qui mit en scène celui qui voulut détruire la vie qu’on nous raconte là (et qui réussit à en annihiler tant d’autres). Etrange paradoxe de ces deux personnages à la passion commune : l’image.

Une image manquant parfois, et peut-être trop souvent, d’un peu d’âme ?

Helmut Newton, Autoportrait, Paris, Robert Laffont, 2004.











Helmut Newton

        L'autobiographie de l'un des photographes les plus admirés du vingtième siècle, malheureusement disparu en ce début d'année.
Voici, dans ses propres mots et ses propres images, le récit de la vie créative et tumultueuse d'un homme au charme irrésistible qui a révolutionné la photographie de mode - et la photographie tout court!
Né en 1920 dans une famille juive berlinoise aisée, Helmut Newton fut un enfant surprotégé qui ne s'intéressait pas aux études. À l'âge de douze ans, il acheta sa première caméra, et fut tout de suite fasciné par la photographie, un art qui finirait par le propulser au rang de célébrité mondiale. En 1938, il fuit l'Allemagne nazie puis il devient gigolo et danseur mondain à Singapour - et l'amant d'une femme bien plus âgée que lui. Il s'engage dans l'armée australienne pour la durée de la guerre. En 1948, il épousa June, une actrice bien connue, et dans les années 1950 s'installa d'abord à Londres, puis à Paris, où sa carrière décolla véritablement, avec ses somptueuses et érotiques images de femmes. En 1976, il publia le très controversé «White Women» (Femmes blanches), qui fit de lui l'inventeur d'un style entièrement neuf dans le domaine de la photo de mode. Son vocabulaire artistique si singulier est aujourd'hui intimement associé à l'image du magazine «Vogue», dont il fut la figure de proue pendant d'innombrables années.
Les clichés d'Helmut Newton sont aussi reconnaissables que celles de Cartier-Bresson ou Doisneau... Richement illustré par un ensemble de photographies en noir et blanc, ce livre est un miroir extraordinaire du monde de l'art et de la culture au vingtième siècle.






Article ajouté le 2007-09-14 , consulté 91 fois

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